Belle-mère ou marâtre ?

Le premier livre de référence sur la marâtre, « Belle-mère ou marâtre : quel rôle pour la femme du père» vient de paraître aux Editions du Châtelet. Appuyé sur une recherche portant sur 65 situations, il permettra, nous l’espérons, à celles qui vivent cette situation de mieux comprendre le fonctionnement de ces nouvelles formes de familles.

Quatrième de couverture

Pas facile de voir son prince charmant débarquer avec des enfants ! Quand votre homme a déjà une famille, la belle aventure du mariage peut vite se transformer en cauchemar.
Comment trouver la bonne distance avec ses beaux-enfants sans empiéter sur le territoire de leur mère biologique ? Comment conserver des relations harmonieuses avec sa famille de « première souche » ?
Qu’on la nomme belle-mère ou marâtre, la place de la femme du père reste à inventer. Il est temps de réhabiliter le statut de marâtre – seul terme qui désigne sans équivoque la seconde épouse du père – et de porter un regard positif sur ce tabou du modèle familial occidental.
Michel Moral et Marie-Luce Iovane-Chesneau analysent la position de la belle-mère sous un angle psychologique et pratique. Hébergement et éducation des enfants, gestion des tâches ménagères et organisation de la vie commune, arrivée d’un nouveau-né… : ils proposent des pistes pour éviter les conflits et trouver l’équilibre au sein d’une famille recomposée. Autant de conseils concrets pour être une marâtre heureuse !

Docteur en psychologie pathologique et clinique, psychotérapeute et enseignant, Michel Moral s’intéresse aux relations mère-fille, aux familles recomposées et à la multiculturalité. (http://www.michel-moral.com)
Lorsqu’elle a choisi de vivre avec un homme père de deux jeunes enfants, Marie-Luce Iovane-Chesneau s’est attelée à son rôle de belle-mère avec l’envie de « casser le mythe de la marâtre ». Pour aider les femmes confrontées à la même situation, elle a fondé à Paris le Club des Marâtres en 2004.

 

Un passage du livre :

Tâches ménagères ou fonctions maternelles

Nous avons vu que nombre de belles-mères se vivent comme une « bonne », une « bonniche » ou une « baby sitter ». Elles évoquent bien d’autres dénominations peu gratifiantes, signifiant qu’elles se sentent utilisées à des tâches qu’elles ne devraient normalement pas assumer.

D’autres au contraire ont vraiment envie de tenir un rôle plus actif dans la famille et se sentent ou se veulent essentiellement copine ou éducatrice. Enfin, un certain nombre a l’ambition d’être mère, d’assumer ce rôle de mère.

Cette ambition se heurte à différents obstacles. Le premier est le regard négatif de la société qui réprouve la prétention de l’une à usurper la position légitime de l’autre. Le second est que la relation mère-enfant est une relation à deux et qu’il ne suffit pas d’aimer et materner les petits comme une mère pour que le lien s’établisse automatiquement. Bien sûr, avec les tout-petits, les choses sont plus simples car ils sont en demande et les deux désirs se rencontrent. Il est courant que la belle-mère soit appelée « maman » par les enfants de quatre ans ou moins. Avec des adolescents, l’affaire est moins claire car à cet âge où le problème est de s’autonomiser, montrer de l’attachement est parfois difficile et la réponse à l’attitude maternante de la belle-mère risque d’être une forme d’agressivité blessante.

Une autre difficulté réside dans l’emploi de mots chargés de sens sans toujours nous rendre compte que l’usage que nous en faisons est inadapté. Ainsi par exemple, si l’enfant est petit il faut bien sûr le nourrir, le laver et le distraire. Cela confère-t-il l’estampille de « mère » ? Non, car des employées de maison faisaient cela voici quelques décennies et jamais personne n’a pensé qu’elles étaient des « mères de substitution ». Il faudrait donc au préalable s’entendre sur ce qu’est exactement une mère et ce que recouvre cette ambition de certaines belles-mères.

Une différence entre l’employée et la mère ou la belle-mère est que la première a une mission que nous pourrions qualifier de cadrée : elle travaille de telle heure à telle heure, reçoit un salaire, les limites de ses interventions sont normalement consignées dans un contrat, ce qui délimite ses responsabilités et la protège. La mère, aussi bien que la belle-mère n’a pas davantage de mission et de responsabilités bien précisées, tout est implicite et non-dit. Mais, alors que la mère bénéficie de l’approbation tacite de la société et d’une reconnaissance gratifiante de la part de l’entourage, la belle-mère est corvéable à merci. Or, rares sont ceux ou celles qui reconnaissent qu’il s’agit là d’une fonction mobilisant du temps, de l’attention, et qui place parfois la personne dans une position ambiguë.

Olivia est une belle-mère dynamique. Son métier l’amène à faire de nombreux voyages. Elle n’a jamais manqué un avion de sa vie, et pourtant elle en prend souvent. Un jour, elle prévoit de partir vers 8 heures pour prendre un vol pour Malte. Le père a une grippe qui le plonge au fond du lit et se pose le problème de l’école pour les deux petites belles-filles. Olivia considère qu’elle avait pris une large marge de sécurité et commande un taxi à 8 h 30 devant l’école. Les choses ne se passent pas comme prévu : le taxi a un accident et ne peut la prendre. Comme c’est l’heure de pointe, la compagnie ne peut en fournir un immédiatement. Elle décide de prendre le métro mais celui-ci est bloqué quelques minutes en raison du malaise d’un voyageur. Olivia manque son avion de quelques minutes, ce qui la contrarie beaucoup car les vols pour Malte sont rares et elle perd beaucoup à ne pas être présente à une importante réunion d’affaires. « J’aurais dû lui dire (au père) de trouver une baby-sitter pour s’occuper des gamines. Mais j’ai bêtement pris le parti de penser que, si j’étais leur mère, j’aurais pris ce risque pour être avec elles. On ne m’y reprendra plus. »

La marâtre est-elle chez elle ?

Une question importante dans la nouvelle famille est celle de la représentation symbolique du lieu de vie. Celui-ci est parfois sa propriété, ou bien c’est un lieu nouveau décidé en commun, ou bien il s’agit d’un logement provenant de l’ancienne vie du père. Dans les deux premiers cas, les difficultés symboliques ne peuvent provenir que de la répartition des charges financières. Par contre, dans le troisième s’ouvre un monde de frustrations pour la belle-mère : est-elle ou non chez elle dans un logement qui a été habité par la mère ? Quelquefois, ce lieu est la propriété commune du père et de la mère, ou, pire, c’est une maison de famille provenant de la lignée maternelle et que celle-ci loue au nouveau couple.

Le fait pour la belle-mère d’être « chez elle », ce qui est une position attribuée par le père ou qu’elle doit conquérir, lui permet d’instituer ses règles ou au moins celles qui lui permettent de ne pas être rabaissée au rang d’employée de maison. L’observation de familles avec belle-mère montre que la configuration la plus difficile est celle où les beaux-enfants ont entre sept et dix ans.

Le plan du livre

Avant-propos

Introduction

Combien de marâtres en France ?
Questions de vocabulaire
L’évolution sociologique
La question de l’autorité paternelle
Les problèmes juridiques liés au partage parental
Les travaux américains
Les travaux en langue française
Les trois composantes essentielles

Chapitre 1 - Le nouveau couple

La rencontre
La « place » de la belle-mère
Le couple
Le mécanisme de la recomposition
La culpabilité du père
L’hébergement des beaux-enfants
Liberté, liberté chérie…
La sexualité contrariée
Un nouveau rapport au temps
Ancien couple, nouveau couple

Chapitre 2 - La nouvelle famille

La recherche d’une relation positive
Tâches ménagères ou fonction maternelle
La marâtre est-elle chez elle ?
La place laissée par l’ancienne famille
Mère et marâtre à la fois ?
Les familles
Cendrillon, quand tu nous tiens…
Les beaux-enfants adultes

Chapitre 3 - Les relations au sein de la fratrie

Les quasi-frères et sœurs
L’arrivée d’un nouvel enfant
Le désir d’enfant de la marâtre
L’impact des beaux enfants sur le nouveau couple
La « serial belle-mère »
La dimension symbolique de l’enfant
Les enfants de l’autre et les miens

Chapitre 4 - Les relations avec l’ex

L’éducation des beaux-enfants
L’intrusion de la mère
La coexistence distante
Le sacrifice de soi
Les cas extrêmes
Le sens de la première union
L’ombre de la mère

Chapitre 5 - Peut-on être une marâtre heureuse ?

Des règles à réinventer
Le point de vue américain
Les autres recherches

Conclusion

Annexe 1 : La demande de soins


La famille recomposée, reflet du monde moderne Intertitre à ajouter ??
Pourquoi consulter ? Intertitre à ajouter ??
La famille recomposée face à la thérapie
Les thérapies individuelles
Les thérapies familiales
Panorama des techniques thérapeutiques de la famille
Les combinaisons thérapeutiques


Annexe 2 : Mythes, contes et histoires


La mort, la séparation et le divorce
Médée
Cendrillon
Blanche-Neige
Blondine
Maman Brigitte
Sarah
Marie
Les livres pour enfants
Les romans pour adultes
Les satires modernes

Bibliographie
Remerciements

 

Liens

Aller sur Amazon : http://www.amazon.fr

Aller sur Fnac : http://www.fnac.com

Le Club des Marâtres : www.clubdesmaratres.fr/

Passion du livre : http://www.passiondulivre.com/livre-52479-belle-mere-ou-maratre-quel-role-pour-la-femme-du-pere.htm

France-Inter : une émission sur la marâtre : http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/interception/index.php?id=65200

Psychonet : http://www.psychonet.fr/2001/02/15/1078-belle-mere-d-une-famille-recomposee-maratre-ou-complice

Autres livres sur la marâtre

Il y a bien sûr celui de Catherine Audibert : "Le complexe de la marâtre" paru chez Payot en 2007.

Les romans sont nombreux, nos ne pouvons les citer tous ici mais ils le sont dans notre livre